|
Editorial
Premier voyage en Inde.
Comment un des membres
fondateurs de Madhurya pouvait-il ne pas avoir été « là-bas » me suis-je si
souvent entendu dire ? Et bien voilà, cette lacune au dire de certains, est
réparée.
Et rentré en France, la
responsabilité de rédiger l’éditorial de ce trimestre. Pas en relecteur, en
principal !
Chers amis mélomanes,
rassurez-vous, vous n’allez pas avoir droit à un rapport touristique. Si ce
court séjour a bien été du tourisme une grande partie, visites de temple et
de Puducherry comprises, il était avant tout sous le signe de l’amitié.
Et c’est cela que je
souhaite partager avec vous.
Tout d’abord, l’amitié
de Michel et Anandi qui m’ont reçut chez eux à Chennai.
Mais aussi l’amitié des
musiciens à qu’il nous a été donné de pouvoir rendre visite.
Amitié et Musique. Car
cela va souvent de paire.
Vous êtes vous souvent
rendus au concert avec des personnes avec lesquelles vous ne partagiez pas
une certaine amitié ?
A la fin du séjour,
nous avons pu rendre visite à Vittal Ramamurthy.
Ce musicien reconnu
comme un des plus grands violonistes de l’Inde du Sud est aussi un homme
adorable, toujours souriant et accueillant. Sa carrière internationale a
faillit nous empêcher de nous voir, il rentrait tout juste des Etats-Unis.
J’avais eu tant de
plaisir à le recevoir chez moi en France que j’aurai beaucoup regretté de ne
pas l’avoir rencontré dans son pays.
Sa famille est
charmante, et, nouvelle importante, l’avenir musical de la lignée est
assuré : son jeune fils de six ans, sans se faire prier, est allé chercher
son violon.
Devant sa famille au
grand complet, grands-parents, sœur et parents, et nous-mêmes, il a
interprété un raga que certes je n’ai pas complètement reconnu, mais mon
inculture est plus en cause que son talent naissant !
Et avec son père comme
maître, ce talent ne pourra que croître.
Quelques jours
auparavant nous sommes allés voir Trivandrum Venkataraman. La visite a été
courte, mais j’ai eu grand plaisir à le revoir. Dans son intérieur, avec sa
femme, il m’a paru encore plus frêle que jamais. Comme si sa place était
avant tout sur la scène d’une salle de concert ! Pour notre plus grande
joie.
Et nous n’aurons pas
très longtemps à attendre pour le revoir, puisqu’il sera le Vendredi 15
mai prochain au musée Guimet pour un concert exceptionnel.
Réservez votre soirée,
c’est très bientôt !
Un petit mot sur notre
visite à Vijay Siva. Je ne l’avais pas vu depuis presque six ans. Depuis
qu’il s’est marié, il voyage beaucoup moins hors de son pays. Mais ses
activités d’éducation continuent à la combler entièrement.
Et pour terminer ce
tour d’horizon de mes rencontres amicales, nos multiples visites à Sangita
Kalanidhi TN Krishnan et son épouse.
Un Grand Monsieur, qui
n’a plus rien à démontrer et peut se consacrer entièrement à communiquer une
intense émotion au travers de sa musique.
D’autant qu’il nous a
été donné d’assister à deux de ses concerts :
Tout naturellement il
commence à jouer. Ses attaques au violon, franches, embarquent immédiatement
l’auditoire. Son violon ne joue pas : il raconte. Il raconte et il dialogue.
Il était accompagné de
Umayalpuram Mali
au Mridangam, Srirangam
Kannan
au morsing (guimbarde)
et Vaikom Gopalakrishnan au ghatam.
A un moment, il a joué
en réponse au morsing. Cet instrument si peu connu, le plus petit des
instruments de percussion, il l’écoutait, lui parlait et jouait comme lui.
Quand après le concert
Anandi lui a dit qu’elle avait remarqué cet échange et l’avait
particulièrement apprécié, il en en était tout heureux.
Ce dialogue, il le crée
même entre les cordes de son violon. Chose assez rare chez les violonistes,
carnatiques comme occidentaux.
Les mots sont pauvres
pour exprimer la magie qui se dégage.
Vous aurez à nouveau
l’occasion de ressentir toutes ses émotions et d’apprécier cette magie lors
du prochain Festival Tyagaraja du 17 et 18 octobre 2009.
Réservez déjà votre
week-end.
Bien amicalement.
Jean-Marc LAURIOL,
Anandi ROY et Michel ROLLOT
Pour l’équipe Madhurya
Courbevoie le 4 mai
2009
|