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Madhurya, le site de la musique carnatique (musique de l'Inde du Sud)

 

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Madhurya : Passion et enthousiasme

06-10-2007

Anandi Roy et Michel Rollot, sont à l'origine du Festival Tyagaraja de musique carnatique qui, dans sa sixième édition, s'affirme comme la référence incontournable de la spécialité. Entre Anandi et Michel, la répartition des tâches est bien cernée ; Michel à la logistique et Anandi à l'artistique. Nous n'avons pu résister au plaisir de mieux connaître ce duo de choc et de comprendre enfin les secrets d'un tel enthousiasme ...

 

indeaparis.com : Vous êtes à l'origine d'un festival de musique carnatique dont la renommée ne cesse de croître. Comment en êtes-vous arrivés là ?

Anandi Roy : La passion au service de la musique carnatique

Anandi Roy : Je suis d'origine indienne, mais je suis née en Malaisie. Mon père était l'ainé d'une très grande famille de 15 enfants. Quand il a commencé à exercer son métier de médecin, son père lui a dit que c'était maintenant à lui (mon père) de gagner assez pour payer les études de ses 9 jeunes frères.

 

A l'époque (c'était dans les années 50s) il y avait pas mal d'opportunités pour trouver du travail en Malaisie surtout pour ceux qui étaient médecins et avocats. Mon père avait un oncle qui avait trouvé une place en tant que médecin. Il a encouragé mon père à s'y s'installer. Mon père est parti et quelques mois plus tard ma mère a pris le bateau avec mes trois frères qui sont nés à Madurai. Mes deux sœurs aînées et moi même sommes nées en Malaisie. Mon père a opté pour la nationalité Malaisienne en 1957, l'année de l'indépendance du pays, l'année de ma naissance. Il retournait très peu en Inde, du coup j'ai découvert l'Inde moi même très tardivement. Ma mère a toujours été une grande passionnée de la musique carnatique. Elle jouait de la vina (qu'elle avait amené en cachette en Malaisie). Elle écoutait des LP, des vieux disques de 33 tours, des bandes, elle chantait tout le temps. Elle se levait à 4 heures pour s'exercer. Et elle nous a donné des cours de vina, à moi et à mes sœurs. Plus tard, elle donnait des cours à pas mal de personnes, et pour que ses élèves puissent lire les partitions elle a commencé à transcrire les compositions avec une notation romanisée (ce qui n'était pas fréquent à l'époque).

Autrement dit elle a fait beaucoup de choses pour que cette musique soit apprise, soit appréciée, soit connue en Malaisie. Dans la première partie de ma vie d'adulte je faisais beaucoup d'études et il n'était pas évident que j'allais continuer avec la musique.

 

Plus tard je suis partie en 1982 avec une bourse pour étudier la littérature à l'Université d'Oxford. Ma vina m'a accompagné. En 1985 je suis arrivée en France et j'ai pris des cours avec un maître de vina qui vivait à Paris. C'était un cours par semaine, mais je suis toujours restée liée à la musique. Depuis 1999 (après mon divorce) j'ai commencé à aller très régulièrement en Inde.

 

J'ai fait 2 rencontres superbes : la 1ère d'un très grand chanteur Neyveli Santhanagopalan et la 2ème était l'épouse de mon vieux maître Sangita Kalanidhi Tanjavur KP Sivanandam. Très vite elle s'est engagée auprès de moi et elle m'a promis de me donner des cours. Nous étions très proches mais elle est décédée en 2001. Elle voulait vraiment venir en France, elle croyait qu'elle trouverait beaucoup d'élèves très motivés comme moi.  En parallèle, depuis presque toujours j'avais cette idée du Festival Tyagaraja en Inde et avec quelques amis et quelques associations j'ai essayé de voir si on pouvait faire quelque chose.

 

Quand j'ai amené Michel Rollot en Inde pour la première fois, je l'ai amené à un concert de Neyveli Santhanagopalan. Il a vu à quel point j'étais émue par la musique de ce chanteur pour qui le chant est la prière, dont la musique est remplie de bhava (d'expressivité et d'émotion, de spiritualité), à quel point l'homme est un avec son art. A la fin du concert, c'est Michel qui m'a encouragé d'aller le rencontrer pour lui dire que j'allais l'inviter pour le Festival Tyagaraja que nous allions organiser. Je l'ai fais très timidement. Il a accepté de suite et à partir de ce moment là, il n'était plus possible de revenir en arrière. Sa question était, je viendrai mais quand ?

 

Michel Rollot : La logistique derrière un festival en plein essor

 

Q : Comment l'avez-vous convaincu de vous suivre dans cette aventure ?

 

R : Je lui ai expliqué que ma professeur de vina Sharada était décédée et que je voulais également inviter mon maître KP Sivanandam. Santhanagopalan a dit qu'il ne fallait surtout pas attendre, il fallait le faire l'année qui suivait c'est à dire en 2002. KP Sivanandam avait déjà 84 ans et sa santé n'allait certainement pas lui permettre de vivre longtemps. Le Festival a commencé ainsi. En 2002 avec l'aide de ma sœur, mon frère, l'entreprise pour laquelle je travaille et quelques amis.  Le bilan artistique était toujours très positif, depuis le début nous recevons plusieurs dizaines de lettres de félicitations. Le bilan financier par contre est autre chose.

 

Q : Sur quels critères sélectionnez-vous les artistes invités ?

 

R : Depuis le début il y avait des grands artistes qui nous ont fait confiance :Neyveli Santhanagopalan, Vittal Ramamurthy (violon), Karaikudi Krishnamurthy (mridangam). Ils sont devenus des amis et nos piliers. Grâce à eux d'autres grands musiciens sont venus : Vijay Siva pour le 2ème Festival, Madhurai GS Mani pour les 3ème et 4ème. Comment je choisis les artistes? En les écoutant, je vais 3 fois par an en Inde et j'écoute des concerts. Je ne programme quasiment jamais quelqu'un que je n'ai pas entendu moi même. Et je sais que je peux faire confiance à mes oreilles à mon cœur. Je sais immédiatement, la réaction est instantanée. Mais il n'y a vraiment pas beaucoup de musiciens qui me bouleversent. Mes préférences sont nettement pour les musiciens qui sont restés avec la tradition, même si beaucoup trouvent que ce qui est traditionnel est discutable. Je trouve beaucoup de "beau" parmi les musiciens de l'ancienne génération et je regrette de ne pas avoir entendu plusieurs des grands maîtres qui sont maintenant décédés. Ceux que je trouve magnifiques, je voudrais les partager avec le public français. Je voudrais que leur musique soit écouté, appréciée et aimée car tout simplement elle est très belle. 

Maître Sivanandam est décédé en 2003. Pendant un an j'ai pris des cours avec Neyveli Santhanagopalan mais il est chanteur avant tout. En 2004 il s'est passé un autre miracle. J'ai écouté un concert du maître Trivandrum Venkataraman. C'était éblouissant comme expérience. Il a un style très vocal, on entend réellement chater la vina. Je lui ai demandé de me donner des cours. A ma grande surprise et déception, il a refusé car son école de musique est tout a fait autre que celle que j'avais fréquentais. Il m'a expliqué que je devais changer d'une façon radicale mon doigté. J'ai accepté de le faire, à nouveau j'ai recommencé.

 

Maître Venkataraman

Maître Venkataraman a accepté de venir régulièrement en France. J'avais déjà des élèves et il a accepté d'être la garantie de mon enseignement car cette musique est tellement complexe qu'il est très facile de faire des erreurs dans les ornementations, de techniques et je voulais être sûre que je n'amenais pas mes élèves sur un mauvais chemin. Ainsi notre petite école a commencé également à prendre forme.  Nous avons fêté le 5ème Festival en le plaçant sous le thème: la relation maître disciple en rendant hommage aux maîtres. Il y a eu 3 duos de chant, deux avec mères et filles, et un avec Neyveli Santhanagopalan et son disciple Ajay Nambudri. C'était des moments d'échanges très forts, à la fois sur le plan musical et à la fois sur le plan humain. Rama Ravi est une très grande chanteuse, très discrète mais très très respectée. Elle fut la disciple du grand maître de la flûte T. Viswanathan. Elle a accepté de venir au Festival l'année dernière.

 

Comme vous pouvez le constater les musiciens que nous invitons ne sont pas des musiciens du grand public, parfois même en Inde ils sont très discrets. Mais ils sont vraiment des musiciens. Plus on connaît la musique plus on apprécie ce qu'ils font. Ils ne cherchent à aucun moment à compromettre, à rendre leur musique plus accessible. Ils sont pleinement dans leur musique, dans l'authenticité, dans le domaine du beau et du merveilleux.

 

Ils restent également très fidèles à la tradition carnatique. Pendant des années en France j'entendais que seuls les musiciens hindoustanis savaient improviser que la musique classique de l'Inde du Nord était tellement plus belle que celle du Sud, etc. Je voulais que le public français écoute ce qu'il y a de beau dans la musique du sud, ce qu'il y a du beau sans "dilution" sans compromission, sans des voyages dans des modes hindoustanis. Les artistes que nous invitions restent avec de très beaux modes carnatiques : sankarabharanam, bhairavi, thodi, khambodhi, kiravani, kharaharapriya, ce sont des modes anciens, capables d'être explorés d'une façon très profonde, capables de montrer des multiples couleurs et subtilités et émotions Nous insistons sur des techniques d'improvisation, chaque artiste a  4 ou 5 "articles" dans son programme mais il démontre toutes les techniques d'improvisation : alapana, tanam, kalpana svaras, niraval, chaque mode est traité en profondeur. En quelque sorte pour moi, ce Festival est devenu une quête. Il en est un en Inde, mais peut être il est devenu une quête très personnelle aussi pour moi. Chaque année plus je vais loin dans cette musique plus je comprends et apprends des choses plus je suis capable d'offrir des choses toujours plus magiques à l'audience.

 

Cette année, presque par miracle, ceux que je considère les plus grands maestros de cette musique ont accepté de venir. Sangita Kalanidhi TN Krishnan est pour moi le plus grand violoniste carnatique. Quand il joue tout s'arrête le monde entier tous les espaces sont remplis par sa musique. Je pleure quand je l'écoute tellement c'est merveilleux. Il a proposé lui même de participer au Festival.
Sangita Kalanidhi R. Vedavalli est pour moi la référence pour le chant. Quand elle a su que des artistes du calibre de Rama Ravi était venue elle a dit a haute voix, "cette fille (en parlant du moi) est un connaisseur, elle a du goût". Elle aussi a de ce fait accepté de venir. Le Sangita Kalanidhi est le titre le plus haut désigné à un musicien par le prestigieux Music Academy à Madras (maintenant Chennai). Il y a 20 qui sont toujours vivants. 2 viennent au 6ème Festival.
 

 

 

Q : Comment comptez-vous aider le public français a mieux comprendre la musique carnatique ? 

Sangita Kalanidhi R. Vedavalli

R : Tous les musiciens de cette année représentent une grande école de cette musique. De ce fait et afin d'amener cette musique et son contexte toujours plus près à notre public, nous avons produit la deuxième édition d'un livret avec des informations très intéressantes. Ce livret ainsi que celui de l'an dernier seront en vente au Festival. Si le public veut mieux connaître cette musique pour ne pas rester "touriste" nous voudrions leur donner les moyens.  Nous produisions également des CD des grands maîtres comme Trivandrum Venkataraman. Il n'aurait jamais cherché à se produire mais on a voulu que le public français sache ce que c'est le jeu de la vina. Encore ne fois, chaque CD ne comporte jamais plus de 4 ou 5 morceaux. Il y a un raga très développé et un deuxième qui est aussi très élaboré. Il s'agit de ragas très représentatifs de la tradition carnatique. Toutes les techniques d'improvisation (le manodharma ou musique créative) sont démontrées. Ces CD sont des archives de la musique de ces grands maîtres.

 

Q : Votre investissement personnel est notoirement connu, pensez-vous pouvoir continuer à organiser le festival dans les années qui viennent et que faudrait-il pour le pérenniser ?

 

R : Il s'agit d'un acte d'amour de la part des musiciens, de la part de nos amis bénévoles qui nous aident à réaliser le Festival, de la part de ma famille et mes amis qui nous soutiennent par leur dons, de la part de mon patron, M. Michel Gavaud, toujours très intéressé par tout ce qui est différent, tous ce qui est créatif et qui paye la location de la salle qui en région parisienne est exorbitante. Les musiciens me disent que quelque part ça doit être ma mission dans la vie de faire ce travail pour faire connaître cette musique de cette manière aussi sincère. GS Mani m'a dit que le jour viendra quand je serai appelé par une autre voix, celle du silence et que je me rendrais compte qu'il est temps de m'arrêter. Jusqu'à ce moment là, j'espère qu'on aura de très beaux festivals en France. Parce que nous n'arrivons pas à un équilibre financier, le Festival sera toujours fragile. D'une façon réaliste quand nous nous arrêterons je doute que quelqu'un d'autre veuille émettre autant d'énergie pour continuer car c'est un travail qui nous occupe tout au long de l'année. Dans tout ce que je fais Michel m'aide et m'encourage. Il a fait en sorte que je quitte le domaine de l'impossible et que je rentre dans celui du possible. 

Merci beaucoup à tous deux. Votre sincérité nous éclaire et nous ouvre la voie vers une meilleure compréhension de cette discipline extrêmement exigeante qu'est la musique carnatique. Nous espérons qu'à travers ce court entretien, nous aurons su faire naître la curiosité qui incitera chacun à venir à la rencontre de ces extraordinaires musiciens dont vous parlez avec tant de ferveur, et que l'édition 2007 du Festival Tyagaraja sera le succès qu'elle mérite d'être.

 

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Festival of devotion

 

Malaysian Anandi Roy promotes South Indian music in France, where she resides. 

By WONG LI ZA
wongliza@thestar.com.my
 

 

WHAT started as Anandi Roy’s quest for beauty has manifested into an annual music festival in France.

Roy learnt to play the veena, a classical Indian string instrument, from her mother when she was 12. Her mother had learnt to play as a child in India and taught all her three daughters to play.

FACT FILE 

NAME: Anandi Roy
AGE: 50
EDUCATION: Penang Island Girls’ School, Convent Bukit Nanas, Assunta Convent, Bukit Bintang Boys’ School, Universiti Malaya, Oxford University
OCCUPATION: Classical Indian musician, vice-president of marketing and finance
YEARS ABROAD: 22 years
CURRENT BASE: Paris, France 

 

“South Indian classical music is lesser known compared to North Indian music, at least in Europe.

“South Indian music is carnatic music, which is religious and high in devotional content,” explained Roy, who was back here for a visit recently.

Roy went to Oxford in 1982 to obtain her Master’s in Linguistics, after which she went to France in 1985 to work. She has lived there ever since and continues to pursue her love for Indian classical music.

“At the time, I wanted to increase my knowledge of this music, which is vast like an ocean. The more I learnt about it, the more there was to learn. The more I learn, the more beautiful it is and the more I want to share it,” said Roy.

In 2001, Roy and her husband Michel Rollot set up Madhurya Foundation, a non-profit organisation which successfully organised the first Tyagaraja Festival in Paris a year later.

“We want to promote South Indian music and the music of saint composers,” said Roy, who turns 50 this month.

“South Indian music reached its height with these gurus,” said the soft-spoken lady, who also has a Bachelor and Master in Linguistics from Universiti Malaya.

Roy and her husband visit India more than once a year to meet and select the musicians, especially in December when a large-scale annual music festival is held. That’s when Roy selects and finalises the programme for the coming Tyagaraja Festival.

“We give priority to musicians whose music is very classical, authentic and traditional because we find that very beautiful.

“Meeting and choosing the musicians makes it very personal and we are able to tell stories about the musicians before the concert,” added Roy, who also works as vice-president of marketing and finance in a training and consultancy company.

“It is also an act of love by the musicians to come all the way to perform,” she said.

The sixth Tyagaraja Festival will be held on October 13-14 this year with the theme, “Homage to Maestros”. It will feature 11 maestros, two of whom have been accorded the highest recognition (Sangitha Kalanidhi) in South Indian classical music – T.N. Krishnan and R. Vedavalli.

Anandi Roy playing the veena. She organises the annual carnatic music festival in Paris, involving musicians from India.

 

“Most of the maestros are older musicians, as they really appreciate the beauty of classical music and have a spiritual quest for truth and god.

“For me, the festival is an artistic quest for beauty and I want as many people to learn the music as possible,” said Roy.

Putting together the festival requires a lot of paperwork and organisation. Each event costs about ?25,000 (RM120,000) to organise.

Tickets contribute a quarter to the cost while another quarter comes from private sponsorships, mainly from family and friends.

Roy and her husband cover a quarter of the expenses while her employer picks up the tab for the venue, which makes up the last quarter.

“That means I have to work really hard the rest of the year,” quipped Roy, who lives in Courbevoie, a north-west suburb of Paris.

Roy and Rollot, an IT consultant, hope to expand the festival to other countries in the future.

“We would really like the festival to be held in other European countries, if we can find sponsors and organisers. But it takes a lot of work and not many people are as crazy as we are,” smiled Roy, who teaches the veena to 10 students in Paris.

For now, the festival continues to receive good response in Paris.

“The French are very intellectually curious about new things,” said Roy.

Every year, 300 to 400 people attend the festival – 70% are French and the rest are of Indian origin.

One unique characteristic of the festival is that the musicians also sing five important classical songs called the “Five Jewels of Tyagaraja”.

“Whoever knows these songs will be invited to sing along with us. We also organise lecture demonstrations before the concert to help people understand the music and meet the artists,” said Roy.

The foundation (its name Madhurya, which means “sweetness”), has recorded CDs of the festivals and also the music of a few musicians to preserve their art. It has also produced a book on song meanings and articles by musicians about their music and the way they learnt it from their masters.

“We want to make this knowledge as accessible as possible to our audience. The more they understand the music and are able to detect its subtleties, the more beautiful it will be to them.”

Roy said: “During the festival weekend, we want people to try and forget their material needs and just enjoy the music.”

For more information on the festival, browse madhurya.org or email info@madhurya.org

 

Article paru le 26 avril 2006 dans Inde à Paris

 

Madhurai GS Mani : Un concert réussi !

Soumis par Shama - 11-03-2006

 

Indeaparis.com a assisté pour vous au concert de Madhurai GS Mani donné hier soir à l'Auditorium du musée Guimet.

 

Grand musicien carnatique, Madhurai GS Mani est aussi un vocaliste, compositeur et professeur de musique hautement réputé en Inde du Sud. Il était accompagné, pour cette soirée exceptionnelle, par des musiciens qui, par leur talent et leur maîtrise, ont enchanté une salle comble pendant près d'une heure et demie...

 

Professeur Mani a commencé le spectacle avec le chant traditionnel dédié au Dieu Ganesha (Jaya, Jaya Vinayeka) qu’il a composé lui-même, poursuivant par des chansons des plus grands compositeurs de musique Carnatique tels que Thyagaraga, Purandardasa, le père fondateur de musique carnatique, Ramanuja Swamigal, plusieurs titres de sa composition et finalement un Mangalam.

 

Nous avons été particulièrement transportés avec l’Alapanam de plusieurs chansons. Il a chanté avec une telle facilité que, pendant quelques instants, les spectateurs ont cru que l’art de l’improvisation (Alapanam) des notes dans le Raga était chose facile.

 

La complicité des musiciens sur scène fut particulièrement touchante. Karaikudi Krishnamurthy au mridangam et Vittal Ramamurthy au violon ont été très impressionnants et particulièrement lors de leur solo respectif. Et pour cause !

Chacun de ces musiciens est considéré comme est un maître dans son art. Vittal Ramamurthy fut d'une telle virtuosité qu’on entendait les notes chanter ! (Pour info, vous pourrez avoir le plaisir de voir et d'écouter Vittal Ramamurthy jouer le 12 mars 2006 à 15h au Théâtre de l’Île Saint Louis Paul Rey 39 quai d’Anjou ; PARIS 4ème).

Quant à Karaikudi Krishnamurthy, issu d’une famille de musiciens depuis huit générations, il est très connu en Inde où il accompagne les plus grands musiciens du Sud du pays.

 

Nous ne pouvons terminer sans citer Mme Anandi Roy au tampura qui, outre sa participation à l'organisation de cette mémorable soirée, a accompagné les musiciens avec une déconcertante facilité.

 

● Inde à Paris

http://www.indeaparis.com Propulsé par Joomla! Généré: 26 April, 2006, 22:38

 

Article paru dans le n° 343 de Nouvelles de l'Inde, revue de l'Ambassade de l'Inde

 

2002 – Le Premier Festival Tyagaraja

 

Le dimanche 20 octobre 2002 a été célébré le premier festival Tyagaraja en France à l’Espace Saint Martin à Paris. Ce festival de musique de l’Inde du Sud (dite carnatique) consacré au Saint Tyagaraja, l’un des plus célèbres compositeurs de l’Inde du Sud, était organisé par l’Association Madhurya, créée en Septembre 2001. En dehors de l’Inde et de Cleveland aux Etats Unis, c’était la toute première fois qu’un événement d’une telle envergure avait lieu.

 

La journée a commencé par le discours d’inauguration de son Excellence, l’Ambassadeur de l'Inde en France, Madame Savitri Kunadi.

300 personnes ont témoigné de cette journée extraordinaire de musique avec 5 concerts exceptionnels. Le choix des 7 artistes venant de l’Inde était remarquable, chacun ayant su captiver et séduire l’audience.

 

Le festival débuta par un concert de vina (luth indien) du maestro Thanjai K.P. Sivanandam. Il a créé immédiatement l’atmosphère de la journée. Agé de 85 ans, il a ébloui l’audience par la puissance de son jeu, entraînant avec lui sa disciple, Anandi Roy. L’intensité de son regard et sa présence sur scène resteront pour toujours une empreinte de ce premier festival. A la fin du concert, toute l’audience, bouleversée, s’est levée pour rendre hommage au vieux maître soutenu par son fils.

 

Le dénominateur de tout festival Tyagaraja est la récitation des 5 bijoux (pancha-ratna) de Tyagaraja. Le chant collectif a rassemblé plus de 20 participants. C’était un plaisir rare pour les amateurs parisiens formés par Madame Komala Brunschwig de se trouver parmi les plus grands professionnels indiens.

 

Le brillant violoniste, Vittal Ramamurthy, le célèbre flûtiste Henri Tournier et les magiciens percussionnistes K. Krishnamurthy et Neyveli Venkatesh ont tous montré leur joie et leur talent en accompagnant le chant mené par Neyveli Santhanagopalan et le jeu des vinas de Padmavathi Ananthagopalan et d’Anandi Roy.

Padmavathi a ensuite enchanté le public à la fois par sa créativité et par le choix de ses compositions. Son jeu était remarquable par sa fluidité et son moelleux.

 

L’Ensemble Madhurya, composé d’instruments occidentaux et indiens, a montré à quel point un mode indien, Saraswati Manohari, peut inspirer un compositeur occidental, Jean-François Gassot. Il a cherché à créer un tout nouveau langage à travers la juxtaposition de voix différentes et originales. Il réalisé l’un des objectifs de l’Association Madhurya, une rencontre entre des systèmes de musique différents.

 

Et pour conclure cette journée magique, Neyveli Santhanagopalan a époustouflé l’audience, comme toujours, par sa maîtrise totale et son expression pleine de dévotion. Il était également étonnant pour la complicité et l’amour exprimés envers les musiciens qui l’accompagnaient.

 

Ce festival était un très grand début et le public était unanime à proclamer que la Journée était pleine de Madhurya (douceur), qu’elle était inoubliable et trop courte.

 

Article paru dans Nouvelles de l'Inde - 2001

 

Association MADHURYA

Créée en septembre 2001, l'association Madhurya a été fondée dans le but de réunir des musiciens indiens et français. L'objectif est d'arriver, comme dans le jazz, à une expression musicale sur la base de deux langages apparemment très différents. Nous agissons dans un but musical mais aussi humaniste, celui d'harmoniser les différences.

 

Ses fondateurs sont des musiciens qui viennent de différents horizons et qui ont déjà créé avec succès des événements musicaux originaux. Ils ont le désir d’atteindre une plus large audience, de rendre accessible et d’aider à découvrir les différentes traditions qui semblent a priori incompréhensibles et étrangères.

 

Apprendre à travers les contrastes, tel est le guide de Madhurya, harmoniser la juxtaposition, mettre en valeur la richesse de chacun, comme l'a exprimé Jean-François Gassot, Vice-Président de l'association, compositeur et organiste :

"Au cours de l'Histoire, chaque civilisation a su développer et manifester un génie propre à travers les arts … Si chaque peuple de la terre a inventé une expression musicale en fonction de ses moyens et de son oreille collective, il existe - tout comme pour les mots -  des ponts, des passerelles, des sons qui sont autant de mains tendues vers le même geste musical.

C'est dans l'accomplissement de ce geste, que "l'ensemble Madhurya" a choisi de se retrouver afin de bâtir un nouveau temple sonore à partir des matériaux des différentes cultures dont ils sont issus.

Partager la richesse pour créer de nouvelles richesses ... "

 

Pour lancer cette association, une série de concerts exceptionnels de Neyveli R. Santhanagopalan a été organisée en octobre 2001. Ce chanteur extraordinaire de l’Inde du Sud (tradition carnatique) a captivé et étonné l’audience par son intense bhakti (dévotion), son bhava (expression) et sa brillance à chaque concert.

 

Concert à Lyon le 13 octobre 2001
   
La Maison de l'Inde le 17 octobre 2001

  

Pour 2002, l’objectif de Madhurya est de rendre hommage à Tyagaraja, l’un des plus célèbres compositeurs de l’Inde du Sud, en organisant, pour la première fois en France, un festival en octobre 2002.

En invitant Thanjai KP Sivanandam, descendant direct du Tanjore Quartet, Sri Neyveli R. Santhanagopalan, le plus recherché des chanteurs indiens, Srimati Padmavathy Ananthagopalan, virtuose de la vina, et en incorporant dans ce festival une œuvre originale inspirée d'une composition de Tyagaraja, interprétée par l'Ensemble Madhurya, l'association participe à l'élargissement et à la rencontre des cultures musicales.

«Chacun de nous a rêvé, à un moment ou un autre, que ce festival pourrait avoir lieu en France. Aujourd’hui, en conjuguant nos efforts, nous voulons rendre hommage à cet immense compositeur, pour offrir un moment de découverte à ceux qui n’ont pas encore entendu cette musique et pour rassembler les amateurs de musique pendant cet événement qui devrait être enrichissant et émouvant.»

Anandi ROY, Madhurya.

 

 L'Ensemble Madhurya

 

 

Association MADHURYA

60, rue de Strasbourg

92400 Courbevoie

France

 

Téléphone : 33 (0)1 43 34 88 12

e-mail : info@madhurya.org

Page web : http://www.madhurya.org